1. Bonjour Barbara, que portez-vous aujourd’hui pour l’ouverture des Ethical Fashion Days (EFD) ?
Une robe bleue : les Fées de Bengale, des bottes grises : cuir bio, Fées de Bengale également, et un châle gris de chez Ekyog. Le châle peut être « transformé » en robe ultra-sexy au dos nu, donc double utilisation. Concept.
2. La plupart du temps, on pense qu’éthique et écologique riment avec cher. Est-ce le cas avec la mode ?
Non, pas forcément. Ekyog en est le bon exemple puisque leurs habits ne sont pas chers. Evidemment, tout dépend du produit, un vêtement cher le sera forcément, éthique ou pas. Puisque le marketing peut représenter entre 60 et 70% du prix, on peut sans problème faire baisser les prix. Je discute souvent avec Robin (Cornelius, fondateur de la marque éthique Switcher) qui m’explique que la différence entre un t-shirt au coton bio fabriqué en commerce équitable et un autre t-shirt n’est que de 5CHF. La différence est minuscule.
La mode éthique souffre d’une image soit très laide soit très chère, alors que ce n’est absolument pas le cas aujourd’hui.
3. A l’aube du 21e siècle, comment est-ce que nos habitudes du siècle précédent peuvent changer ?
« Peuvent » changer en effet, pas « doivent » changer. Il faut donner envie de changer, de goûter au qualitatif et pas au quantitatif. Une société basée uniquement sur le quantitatif est triste. Ce qui change aujourd’hui ce sont les liens qui se tissent et qui changent la façon dont se structure la société. L’humain est au cœur de toute action éthique et écologique.
De plus, notre société n’est pas une société matérialiste. On dit tout le temps que notre société est matérialiste, mais elle ne l’est pas du tout en réalité. Personne n’est capable de dire d’où proviennent nos objets, comment ils sont fabriqués, d’où viennent les matières, nous n’en savons rien. Nous sommes une société qui repose sur l’image, dans la projection de soi par la matière. J’aimerais que l’on devienne une vraie société matérialiste, que l’on prenne enfin compte de l’origine des objets, cela changerait entièrement notre relation à la matière.
L’un des gros soucis actuel s’exprime dans une question : « Comment garder le désir des objets ? » En effet, le désir se lasse des objets. Notre économie considère aujourd’hui que la matière ne vaut rien, et qu’un produit ne doit durer que six mois pour que le consommateur doive à nouveau le racheter et ainsi consommer. Nous devons opérer un changement des mentalités pour que le qualitatif prenne le pas sur le quantitatif. C’est la notion d’intemporalité, que les objets, la matière, reste longtemps attrayante et que l’on considère la matière comme rare.
4. Où trouver la plupart des produits présentés aux EFD ?
Dans le guide du shopping éthique (rires), justement publié par Nice Future .
5. Nice Future est une association très active et engagée en Suisse. Quels sont vos prochains projets ?
Un festival de la terre en juin 2011, un projet qui nous tient énormément à cœur, mais un festival de la terre plus festif.
En marge du festival, pendant la semaine, nous allons réaliser un G21 (clin d’œil au G20), un « sommet » d’entreprises pas (encore) éthiques pour leur donner la possibilité de le devenir, avec conférences et ateliers. Les EFD vont ensuite essayer de se diversifier en traitant de design, mais également en s’intéressant aux vêtements qui soignent, par leur sens, leurs couleurs, leur symbolique.
Nous allons également développer des liens Nord-Sud, des échanges, pour que le Nord ne fasse pas qu’exploiter le Sud mais qu’il y a ait un réel échange, et pas seulement de matière mais également de compétences.
Enfin, en février 2012, nous pensons organiser un salon de l’intemporalité, qui impliquera l’industrie du luxe, telle que l’horlogerie par exemple. Cette industrie est prévue pour durer des générations, ce qui pourra beaucoup apporter à notre économie de fonctionnalité qui repose sur le court terme. La clef est le désir, l’envie de garder pour éviter la lassitude.
6. Votre portrait chinois:
• Si j’étais un métal ? Je serais de l’or, parce que il me rappelle le soleil, mais de l’or propre, dont uniquement 30kg sont extraits chaque année.
• Si j’étais un animal ? Je serais un être humain. L’être humain est un animal intéressant, génial, doué de pensée, d’imagination.
• Si j’étais une saison ? Je serais le printemps, car toute la tension, la force y est présente. Tout est là, contenu, prêt à éclore.
• Si j’étais un élément ? J’hésite entre le feu et l’eau. Le feu est créatif, contemplatif, réchauffant. L’eau apporte transformation, mémoire.
• Si j’étais une couleur ? Je serais le fuchsia, couleur synonyme d’amour, chaude, féminine, qui nourrit, enveloppe.
• Si j’étais une créature mythologique ? Je serais le phénix, créature magique de renaissance.
Merci à vous Barbara pour cette interview extrêmement intéressante et cette belle rencontre.
Nous vous souhaitons beaucoup de succès pour la suite des EFD.
Les Ethical Fashion Days ont lieu de vendredi à dimanche 1-3 octobre 2010 à la salle communale de Plainpalais à Genève, rue de Carouge.
Le lien avec le site de NiceFuture, incitateur de bien-être
Le lien avec le site des Ethical Fashion Days



J’ai eu la chance de pouvoir aller à cet évènement ce matin.
C’était très intéressant.
J’ai été impressionné par la créativité de toutes les personnes qui ont réalisé des bijoux à partir d’objets issus de la récup.