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Interview de Sami Kanaan sur la mobilité à Genève
Sami Kanaan sur le grill
Interview
Ec(h)o Mag & La Maison du Vélo
Dimanche 3 avril 2011
Sami Kanaan, socialiste, se présente au Conseil Administratif de la ville de Genève aux élections du 17 avril. La Maison du Vélo a organisé un barbecue dimanche 3 avril pour discuter de l’avenir de la Maison du Vélo, mais également de la place du vélo à Genève.
Pour rappel, la Maison du Vélo est un projet de lieu centralisé dédié au vélo : une vélothèque (une bibliothèque sur le vélo), des cours de mécanique, des tours organisés, des conseils juridiques, des animations culturelles telles qu’expositions, conférences, etc. Il existe aujourd’hui à Genève plusieurs associations qui œuvrent pour le vélo, l’idée de la Maison du Vélo serait de fédérer tout ce monde pour faire front commun et maximiser la complémentarité.
Sami Kanaan, que pensez-vous de la Maison du Vélo?
A Genève, les lieux sont plus difficiles à obtenir que l’argent. La ville manque cruellement de lieux. Le marché privé est tel que la pression sur le public et le parapublic devient terrible. Il faudrait voir ce que la ville a comme intention sur la « dent creuse » de Fort-Barreau (quartier des Grottes), à côté de la Reculée. Ce n’est pas énorme, mais c’est la parcelle d’un immeuble, en gros. Il faut bien l’utiliser un jour. Une autre « dent creuse », c’est l’arcade à côté de Noël Constant, en face de l’hôtel Montbrillant.
Le fonctionnement de la ville fait que si la gérance loue une arcade pour une structure associative, qui ne deviendra pas un loyer commercial, cette structure associative a besoin d’un département subventionneur, ça devient une facturation purement comptable, une "prestation en nature". Il faut qu’un département s’engage pour le projet, qu’un magistrat et son staff vous appuient. Le magistrat, pour le côté purement politique, et un membre du staff, pour le fonctionnement, le tout pour pousser le dossier.
Un délai raisonnable ?
Formellement, le règlement dit que le Conseil Administratif doit répondre aux motions dans les six mois, soit par une mesure, soit par un rapport. Une motion est politiquement forte mais règlementairement faible. Le département de Rémy Pagani pourrait participer, mais Rémy Pagani n’a pas lancé beaucoup d’initiatives sur le vélo ces trois dernières années.
Sami Kanaan à gauche, Frédéric Favre, coordinateur de la Maison du Vélo au milieu, et Diana Duarte Rizzolio, coordinatrice du Geneva Environment Network.
Il y a vraisemblablement de fortes chances que vous soyez élu le 17 avril. Si c’est le cas, dans quelle mesure la Maison du Vélo peut être créée ?
C’est un projet que nous devrons essayer de concrétiser. Ca donnerait une visibilité, mais également une infrastructure, un lieu fédérateur pour un mode de mobilité qui s’est beaucoup développé ces dernières années mais qui souffre d’une double-image. Certains le considèrent en effet comme pas sûr, fatiguant, problèmes de météo, d’images de coexistence entre les différents usagers. Il faut l’asseoir, le « mettre en selle » comme mode de mobilité tout à fait adapté en milieu urbain. La Maison du Vélo permettrait de lui donner cette visibilité, cette légitimité, de rassembler toutes les forces en place.
Comment expliquer qu’à Genève il y ait tant de résistance au vélo, comparé à d’autres villes en Suisse Alémanique, comme Lucerne ou Winterthur par exemple, où la mobilité douce se gère beaucoup plus facilement ?
Il y a à Genève une longue tradition axée sur la voiture, et ceci combiné avec une voirie qui n’est pas très spacieuse. Il ne faut pas oublier que Genève, son centre-ville, sans compter sa périphérie, est une des plus denses d’Europe, dans son tissu bâti. Il faut donc satisfaire plusieurs fonctions côte à côte, ce qui exacerbe la concurrence et qui crée des tensions. Quand on veut donner une plus grand part à des utilisateurs sur la voirie, on doit empiéter sur les autres. C’était le cas à la rue de Lausanne par exemple, quand on a voulu faire passer le tram, on a joué les piétons contre les cyclistes. C’est d’ailleurs souvent ce qui arrive à Genève. Ce sont les deux catégories que l’on aimerait favoriser mais qui finissent souvent par se concurrencer, et cela doit changer.
Alors justement, comment changer cela ? Quelles sont les solutions envisageables pour adoucir le tout ?
Il faut partir des besoins, proposer des solutions concrètes. Ça ne va pas éviter tous les conflits, mais les diminuer. C’est le cas de Caddie Service par exemple, qui propose de livrer les courses à vélo, ou encore amener ses enfants à l’école autrement qu’en voiture. Avec un peu de pragmatisme, on peut lever les tensions et conflits. Mais la carotte ne suffira pas, il faut un peu des deux. Les villes suisses-alémaniques ont utilisé les deux, le bâton et la carotte. Les changements d’habitudes ne sont pas faciles.
Voici ensuite quelques thèmes, mots-clés, lancés à la volée, à vous de rebondir dessus :
Cyclo-terrorisme ?
C’est indécent. C’était de la comm gratuite. Il y a bien sûr des cyclistes débiles qui roulent vraiment mal, mais cette appellation de cyclo-terroriste était une manière de discréditer tout un type d’utilisateurs. C’était vraiment de la comm politique de bas étage.
Pont du Mont-Blanc ?
Il paraît qu’une voie de bus est prévue prochainement, on attend de la voir pour y croire. C’est un bon exemple de ce qui se passe à Genève, car la droite faisait un chantage pour la traversée de la rade. Ce que je ne comprends pas, c’est que Rémy Pagani n’avance pas dans le projet de construction d’une extension pour les vélos et piétons côté lac, une passerelle qui serait est en partie financée par la Confédération dans le cadre du projet d’agglomération. Et il faut également que le tram passe sur le pont du Mont-Blanc. L’aménagement urbain est entièrement construit autour de la voiture, donc on essaie de bricoler, de ne pas déranger l’aménagement urbain lui-même.
Critical Mass ?
Il faut un peu de provoc pour faire avancer les dossiers. Ce qui m’attriste, ce sont les automobilistes qui sont déjà dans les bouchons, qui n’avancent de toute manière pas, et qui voient ça comme une agression. En règle générale ils s’excitent déjà, de manière abstraite, et là c’est directement tourné contre les cyclistes qui ne prennent que 100m de route environ. C’est un bon révélateur des tensions qui existent à Genève entre différentes catégories de mobilités.
Mai 2012, vélib’ ?
Ça commence à prendre forme, mais un bon vélib’ est cher. J’ai eu l’occasion de rencontrer Bertrand Delanoë (maire de Paris) en octobre, et il nous a dit que le vélib’ était un super projet mais cher, très cher. Tôt ou tard, même chez lui, les entreprises privées vont se désengager, dû aux coûts d’entretien et redispatching pour équilibrer l’offre. Il faut être prêt à assumer les coûts. Je suis vraiment pour, c’est un truc génial pour populariser le vélo. C’est également un excellent moyen pour créer des emplois. C’est faisable, il faut y arriver. Les TPG, partenaires, semblent très motivés.
Une ville idéale pour le vélo ?
Copenhague, Amsterdam, Berlin, les villes du nord. Au sud, c’est beaucoup plus compliqué. Nous sommes juste au milieu.
L’avenir de Genève au niveau de la mobilité ?
Nous sommes à un tournant. Nous ne pourrons pas continuer ainsi. Les transports publics doivent être développés. On n’est qu’au début de l’histoire, ce que la droite a de la peine à avaler. Ils ont tendance à dire qu’on a déjà assez investi ces dernières années, qu’on peut se calmer, alors que c’est exactement le contraire. Si on ne repense pas complètement l’aménagement urbain, nous allons perdre la qualité de vie qui est censée faire le charme de Genève.
Merci à Sami Kanaan pour avoir répondu à nos questions, et nous vous souhaitons beaucoup de succès pour le 17 avril !
L’Autre Salon, bilan RADIEUX !
Bilan radieux pour lʼédition 2011 de lʼAutre Salon
LʼAutre Salon 2011 en chiffres :
· 14 jours de festivités
· 25 événements
· 13 lieuxi
· 5 courses ou parcours à vélo ou à pied
· 4000 participant·e·s (visiteurs, spectateurs)
· 6000 visites sur http://www.autre-salon.ch
« On adore le Salon ! » déclarent les organisateurs de lʼAutre Salon, lʼévénement contrepied du Salon de lʼautomobile : il permet de rappeler que la mobilité ne se limite pas à lʼunique voiture, mais quʼil existe de multiples possibilités de se déplacer dont la plus simple :
la marche !
Le programme de lʼAutre Salon de cette année comprenait 25 événements organisés pendant la quinzaine des deux Salons : animations, conférence, fêtes, balades à vélo, concerts, festival de courts-métrages, etc.
Lʼouverture de lʼAutre Salon, le 4 mars, sʼest enorgueillie de recevoir M. Renaud Gautier, le Président du Grand-Conseil qui a coupé le ruban dʼinauguration de lʼévénement aux Bains des Pâquis après être revenu de Palexpo. Une présence officielle qui a partagé le ton humoristique du salon alternatif et la fondue offerte aux invités de marque.
Le pari, qui consiste à proposer une alternative au Salon de lʼauto, a été relevé grâce à lʼhumour : un guide du Salon dʼOtto, en bilingue suisse-allemand et français fédéral, a été édité à lʼattention des visiteurs venus dʼoutre-Sarine. Un guide dans lequel Genève était présentée comme une ville unique car elle nʼa pas bougé depuis les années cinquante. Une des rares villes où il est encore possible de faire le tour de la cathédrale en voiture !
Autre plaisanterie, la promotion du système Piedlibʼ : la marche en libre-service diffusée par vidéo sur Youtube. Un clin dʻoeil au projet de « vélolibʼ » que la municipalité tarde à mettre en place et un encouragement à lʼunique mobilité « encore » gratuite ! (la vidéo ici)
LʼAutre Salon a également remis une pétition au Grand Conseil demandant lʼajustement des routes au réseau de pistes cyclables, à savoir que la route sʼarrête partout où les pistes cyclables sʼinterrompent.
Dernier point dʼhumour au programme, une soirée « AA » (Automobilistes Anonymes) durant laquelle les dépendants à la voiture ont pu partager leurs expériences et se soutenir mutuellement. Parmi les autres idées saugrenues, une Course en transports publics a également été organisée, ainsi quʼune course multimodale en vélo pliable.
Au fil des 10 jours du Salon, les soirées et les animations se sont succédées, organisées par les différentes associations actives dans la mobilité douce. La présence dans les médias a été un vrai succès, les événements ont été repris et ont permis de faire entendre une voie dissonante à la grand-messe de Palexpo.
Témoignages des organisateurs :
Frédéric Favre, de Roue Libre et coordinateur de lʼAutre Salon : « Jʼai sans doute été le seul à participer à chacun des 25 événements de lʼAutre Salon, un vrai défi culturel et sportif ! Le Goldsprint à lʼUsine était en particulier un tout grand moment. »
Lisa Mazzone, secrétaire et coordinatrice chez Pro Vélo : « Le guide du Salon dʼOtto a reçu dʼexcellents échos de nos amis en Suisse-alémanique, ils ont adoré notre humour et il a été distribué et diffusé très largement. Notre vélo-tour a également été une réussite : près de 25 participants qui ont découvert lʼévolution de la mobilité à Genève et ont pu rêver à une ville plus cyclable en se rendant, par un enchaînement de petites routes à faible trafic ou en site propre, jusquʼau Signal de Bernex. »
Thibault Schneeberger dʼactif-trafiC et co-organisateur : « La conférence à lʼUniversité autant que le Safari urbain ont permis de conclure que lʼurgence pour Genève est de mieux sécuriser la mobilité cycliste et piétonne, comme le demande lʼinitiative 144 pour la mobilité douce soumise en votation le 15 mai prochain ».
Marcel Mühlestein, co-organisateur : « Le nouveau système « Piedlibʼ » mis en place à lʼoccasion du Salon a connu un vrai engouement auprès des genevois. Avec un peu de chance, nous découvrirons un jour le Vélibʼ des parisiens à Genève ! »
Didier Arnoux de Pré en bulle : « Le Salon du Loto dans les ateliers de Péclôt13 a été une vraie folie, les familles sont venues nombreuses fêter la fin de lʼévénement. Vivement le Salon de lʼannée prochaine ! »
Cette année, la 3ème édition de lʼAutre Salon était organisée pour la première fois par la nouvelle association faîtière la Maison du Vélo. Cette structure commune a pour but de créer une future « maison » auprès de laquelle la population pourra obtenir des conseils (choix du matériel, voyages), des prestations (prêts de vélos, cours de réparations) et des informations sur la mobilité douce, quʼelle soit piétonne ou cycliste.
LʼAutre Salon 2011 aura été le premier événement officiel de la Maison du Vélo !
Les associations de lʼAutre Salon :
Maison du Vélo, Roue Libre, PRO VELO Genève, Péclôt 13, Pignon sur Rue, actif-trafiC,
Genèveroule, Ec(h)o Mag, Pré en Bulle, Jeunes Vert·e·s Genève
Plus dʼinfos, photos, vidéos, compte-rendus : www.autre-salon.ch
Interview de Fabienne Fischer, présidente des Verts en ville de Genève
Interview mené par Julien Goy, journaliste à Ec(h)o Mag
Dans le cadre du safari urbain du 8 mars, organisé par l’Autre Salon, nous avons eu le plaisir d’interviewer Madame Fabienne Fischer, Présidente des Verts, section Ville de Genève.
Après notre parcours à vélo à la recherche des mystères des pistes cyclables discontinues, Mme Fischer a répondu à 5 de nos questions :
Que pensez-vous de la mobilité à Genève ?
Je pense qu’il y a beaucoup à faire. Notamment pour réduire le trafic individuel autorisé. Ces dernières années, différents types de mobilité douce ont pris de l’importance. Il faut donc mettre sur place des aménagements. Ce qui pose la question de la cohabitation, évoquée plusieurs fois ce matin. Il s’agit de rééquilibrer la situation, la part belle allant pour l’instant aux moyens de transport motorisés. Le problème est que cela est devenu un objet de crispation pour les automobilistes. Chaque nouvel aménagement (pistes cyclables, etc.) est perçu par eux comme une déclaration de guerre. Il faut donc instaurer un dialogue et faire comprendre à chacun les avantages de ces aménagements.
Plus particulièrement, quel est votre avis sur l’offre faite aux cyclistes en ville ?
Elle est encore insuffisante. Il y a énormément de points noirs, comme nous avons pu le voir au cours de ce safari : des carrefours dangereux, des aménagements qui s’arrêtent brutalement, etc. Il y a un véritable effort à fournir sur la qualité de cette offre. Il faudrait entre autres penser que le vélo est un vrai moyen de transport. Cela impliquerait de faire des itinéraires, complets, d’un point A à un point B ; être davantage systématique. Cela permettrait d’éviter ces pistes cyclables discontinues.
Justement, que proposeriez-vous pour améliorer la situation ?
Outre la nécessité absolue de penser en termes d’itinéraires, il est primordial d’avoir une réflexion sur les conditions de partage de l’espace entre cyclistes, voitures et piétons. Cela implique de travailler sur la signalisation, afin que chacun puisse se sentir à sa place.
Le centre-ville de Genève sans voiture, c’est possible ?
C’est bien sûr possible, oui. Mais un hyper-centre sans voiture n’est pas forcément la priorité. Les Verts ont lancé une initiative « pour 200 rues piétonnes » à Genève. Elle a été adoptée par le Conseil Municipal en janvier 2010, et un premier lot de 50 rues a été dévoilé il y a un mois. Il faut créer des aménagements piétonniers dans les quartiers, et les répartir de manière équitable. Cette répartition doit se faire selon 3 principes : 1) Favoriser les cheminements piétonniers ; 2) Créer des zones piétonnes orientées sur des rues animées ; et 3) Créer des zones piétonnes destinées à la ballade. En respectant équitablement ces 3 principes, on peut créer des aménagements piétonniers satisfaisant les besoins de tous.
Après ce safari, avez-vous pu percer ce fameux secret des pistes cyclables discontinues ?!
Malheureusement non, le mystère reste non résolu ! Toutefois, nous avons pu constater qu’il y a des réflexions en cours, notamment sur ces logiques d’axes et d’itinéraires que nous avons évoquées toute à l’heure. Je crois qu’il y a une vraie prise de conscience de la part des autorités par rapport à ces problèmes.
Merci à Madame Fischer d’avoir bien voulu répondre à nos questions !
Autre Salon, interview du Président du Grand Conseil genevois
Dans le cadre de l’inauguration de l’Autre Salon de ce jeudi 3.3.2011 à Genève, Monsieur Roland Gautier, Président du Grand Conseil genevois, du Parti Libéral, était, parmi d’autres, invités à couper le ruban.
Nous avons eu la chance de pouvoir lui poser quelques questions au sujet de la mobilité à Genève.
Questions à Monsieur Roland Gautier:
Comment vous déplacez-vous la plupart du temps?
En deux-roues généralement, à moto principalement. J’essaie d’éviter la voiture.
Que pensez-vous de la mobilité à Genève?
C’est une véritable catastrophe, rien ne fonctionne, toutes les formes de mobilité sont touchées. Ce qui est également fatiguant, c’est la "guerre des transports" que se livrent les usagers: voitures contre vélos, scooters contre voitures, piétons contre voitures, vélos contre scooters, etc.
Que faire pour résoudre ces problèmes?
Deux choses devraient être faites. Tout d’abord, les Mouettes (bateaux genevois appartenant aux transports publics genevois traversant la rade) devraient mieux se vendre, faire de la publicité, et développer leur offre pour que les habitants d’une rive puisse plus facilement se déplacer sur l’autre sans avoir besoin de leur voiture.
Ensuite, le véritable contournement de Genève et la traversée de la rade devraient également être réalisés pour les voitures. Le Pont du Mont-Blanc est une artère principale, il arrive à saturation, il est temps qu’on aménage des solutions.
Comment voyez-vous Genève en 2025 du point de vue de la mobilité?
Tout dépendra de l’accès aux dérivés du pétrole. On sait que le pétrole touche à sa fin, il faudra voir ce qui va le remplacer, le biofuel de colza par exemple. Mais déjà aujourd’hui, la ville est complètement saturée, avec l’accroissement de la ville et l’augmentation du nombre de voitures, on ne peut pas continuer comme ça.
Que pensez-vous des transports publics genevois?
La ville est bien desservie, mais le reste du canton ne l’est pas. Savez-vous comment savoir quand les transports publics fonctionnent correctement? Quand vous ne voyez personne courir aux arrêts. En effet, si vous ratez votre bus et que vous savez qu’il y en aura un autre juste après, vous n’avez pas besoin de courir. Ce n’est pas le cas dans le canton, l’offre est insuffisante, c’est pour cette raison que vous voyez des gens courir pour attraper le bus.
Merci à Monsieur le Président d’avoir bien voulu répondre aux questions. Photos de Julien Goy.
Interview de Fred & Eric, coordinateurs de l’Autre Salon
Nous avons déjà annoncé l’évènement ici, L’Autre Salon est une manifestation à Genève comprenant de nombreux évènements autour de la mobilité douce en marge du Salon de l’Auto, du 3 au 13 mars 2011. Voici une interview de Fred & Eric, les coordinateurs.
Merci à Coco pour les photos.
1. Comment vous est venue l’idée de l’Autre Salon ?
Eric : chaque année avec RoueLibre, notre association, nous organisions des évènements en marge du vrai Salon de l’Auto pour marquer notre mécontentement. En 2007, nous nous sommes rendu compte qu’il existait beaucoup d’autres associations qui avaient envie de lancer d’autres choses. C’est pour cette raison que nous avons décidé de fédérer tout ça, d’exploiter les synergies. Finalement, il existait beaucoup de choses contre, mais rien pour, pour proposer autre chose. L’Autre Salon se définit par une alternative positive, pas par la négative.
Fred : l’essentiel, c’est la communication. Nous n’en pouvions plus de voir toute cette communication autour de la voiture. L’Autre Salon offre au public et médias autre chose, une vision politiquement incorrecte en porte-à-faux. Le projet de La Maison du Vélo a implosé en 2008, et il était justement intéressant de réunir toutes les associations à ce moment-là pour organiser quelque chose ensemble. Il ne faut pas se réunir pour organiser l’Autre Salon, mais l’Autre Salon est un prétexte pour se réunir. Cet évènement devient un objet commun qui fédère toutes les associations.
2. Quel est votre rôle de coordinateurs ?
Fred : pour cette année, je me suis sacrifié en décembre pour reprendre le flambeau d’Eric, qui attend un bébé tout prochainement. Le rôle du coordinateur est de réunir tout le monde, que les projets s’emboîtent, faire la comm, les visuels.
Eric : un coordinateur doit être un moteur. Il y a énormément d’envies, d’idées, mais comme tout le monde est bénévole, avec les emplois du temps de chacun, il faut véritablement veiller à ce que le boulot soit fait.
3. Quels sont vos objectifs avec l’Autre Salon cette année ?
Eric : la célébrité (rires)
Fred : faire rire et réfléchir par le décalage, faire bouger dans la tête, faire voire des choses qui sont toujours là mais qu’on ne voit pas, ludiques aussi, tel le vélo-polo ou la course en transports publics. Le bizarre est justement typique d’une telle démarche, l’affiche en est un bon exemple : on l’a rendue volontairement étrange, non-conventionnelle, on a inversé des mots. Il faut s’arrêter quelques minutes pour la comprendre, nous ne voulions pas faire quelque chose de simplissime comme une bouillie prédigérée, il faut un peu plus d’attention du spectateur pour la comprendre. En fait, l’objectif de l’Autre Salon est d’être tout sauf le Salon de l’Auto. Le Salon de l’auto est popu et nivelle par le bas, nous voulons être populairement élitiste, niveler par le haut, proposer quelque chose d’élitiste mais que tout le monde puisse atteindre.
4. Des nouveautés pour 2011 ?
Fred : ce lundi 28 février à 12h, rue Ecole-de-Médecine, nous allons faire une photo publique pour montrer que nous sommes beaucoup. Le Salon de l’Auto est en périphérie, comme une armée qui veut entrer, tandis que nous sommes en ville, à l’intérieur, nous résistons. A la rue de l’Ecole-de-Médecine il y a des travaux, une tranchée ouverte, et lundi 28 il y aura toute une mise en scène qui sera une surprise. Il faut venir avec une plante verte. Tout le programme peut être consulté ici.
Pas ouvert au public, nous organisons également pour les élus genevois un « safari urbain » dans lequel nous allons partir à la chasse de la piste cyclable disparu. Notre but est de leur mettre le nez dans la merde. Ils nous ont accusés d’être des transgresseurs libidinaux, nous allons justement leur poser la question pour savoir comment faire là, justement, par exemple, pour passer par cet endroit sans être tenté de passer par le joli parc à côté dans lequel vous serez en sécurité. Avant d’essayer de mettre à mort les gens qui transgressent, il faudrait d’abord être impeccable au niveau de l’aménagement. C’est trop facile, comme dans Kafka, de dire que c’est la faute du bureau d’à côté. Il faut une prise de conscience des élus.
Nous organisons également un évènement anti-sexiste qui sera dévoilé le 3 mars sur notre site, surprise !
5. Des projets pour 2012 ? Comptez-vous faire un salon du vélo par exemple, réunir des magasins et fabricants de vélos pour montrer les nouveautés, comme au Salon de l’Auto ?
Fred : je ne sais pas si je serai encore coordinateur en 2012, mais je serais contre cette idée, car nous ne voulons rien vendre. Nous proposons des idées, à travers des évènements, mais en restant le plus immatériel possible pour ne pas proposer de fétichisme de l’objet. En proposant une réflexion sur la mobilité, nous parlons de pouvoir, pas tellement de mobilité, de savoir qui contrôle l’espace et à qui cet espace appartient, il est question d’enjeux de territoire. Nous sommes contre le libéralisme qui veut tout monnayer, d’où la gratuité de nos évènements. Un salon du vélo va donc à l’encontre de cette démarche.
Et comme autre projet, que la Maison du Vélo existe ! A terme, on peut envisager qu’il y ait un bureau pour l’Autre Salon directement à la Maison du Vélo.
Eric : qu’il y ait de nouvelles collaborations, de nouveaux projets, pour l’instant rien de concret. Cela fait plusieurs années que nous essayons de donner un nouveau visage aux vitrines en ville. Nous aimerions bien que certains magasins se mettent aux couleurs de l’Autre Salon, peut-être l’année prochaine.
6. Des moments fort des précédentes éditions ?
Eric : surtout le retour de la presse, intéressée par parler d’autre chose que de la voiture de l’année par exemple, et bien sûr le retour des gens. On sentait de plus en plus ce besoin d’avoir autre chose, d’autres évènements. L’année passée, les soirées de courts-métrages se sont aussi bien passées, grâce au BFF, Bike Film Festival, qui nous ont prêté des films, nous les en remercions.
7. Pourqui ce slogan « changer la vi(ll)e » cette année ?
Fred : de nouveau, tout est question de pouvoir. Si tu changes la ville, la vie change également, logiquement. Au verso du flyer de l’Autre Salon, nous proposons une ville verte sans moteur, Chloropolis. Nous avons enlevé les rues, le béton, pour remplacer le tout par de la nature et de la place pour les piétons, et pour compléter le tout, des transports publics en téléphérique en hauteur ou souterrains. L’espace est entièrement rendu à la nature et à l’homme. Avec une ville pareille, les enfants pourraient jouer tranquillement sans avoir peur d’être écrasés par des « tanks ». A Genève par exemple, les places sont en fait des carrefours, telle la place Neuve ou la place des Eaux-Vives, pas de vraies places, des forums ou agora, au sens propre. L’agora était un lieu dans lequel les habitants se retrouvaient pour parler, échanger, discuter de l’avenir de la ville. Nous avons perdu ça. Aujourd’hui, nous nous retrouvons dans des bistrots, qui sont en fait des lieux fermés et de consommation. L’idée est que si on change la ville, qu’on diminue l’empreinte de la voiture, qu’on la rende à l’homme, elle devient beaucoup plus vivable.
8. A Genève, la mobilité douce n’est pas vraiment en odeur de sainteté. Entre la campagne de cyclo-terroristes (voir article sur RoueLibre) menée par la ville et le récent rejet de l’initiative en faveur de la mobilité par le parlement cantonal, pensez-vous que l’Autre Salon va remonter la côte de la mobilité douce à Genève ?
Fred : on essaie, en tout cas. J’ai l’impression qu’à Genève nous nous trouvons en face d’une politique d’opportunisme obséquieux. Les politiciens sont complètement sous le joug des lobbies. C’est-à-dire que les décisions qu’ils savent être les bonnes, ils ne les prennent pas, car s’ils les prennent, ils se mettent les lobbies à dos. C’est l’exemple de Christian Ferrazino par exemple, invité dans le cadre de l’Autre Salon à la conférence du 4.3 d’ailleurs, qui a refusé en tant qu’élu de la ville de Genève de se présenter au Salon de l’Auto. Il en a subi ensuite une cabale monstrueuse. Les politiciens ne pensent qu’au présent, comme Pierrot par exemple (Pierre Maudet, conseiller administratif en ville de Genève en charge de l’environnement urbain et de la sécurité, qui a accusé certains cyclistes d’être des cyclo-terroristes). Ce que j’attends d’un politicien, c’est de faire preuve de vision d’avenir. Pierrot continue à construire sa ville au présent, voire au passé, faire de la voirie et de la répression. Lui ne fait que cacher les merdes, au lieu de créer des toilettes qui les évacueraient spontanément. Nous, à l’Autre Salon, nous le faisons à leur place, face à la démission des politiques, puisqu’il n’y a plus de fête de la mobilité par exemple.
9. A Genève, la voiture est reine. Comment expliquez-vous que les infrastructures pour la mobilité douce soit tellement faibles à Genève, à comparer à d’autres villes suisses et surtout suisses alémaniques ?
Fred : Il y a plusieurs choses : d’une part les lobbies, qui bloquent tout, et d’autre part, l’histoire d’un ingénieur parisien qui est arrivé dans les années trente et qui a démantelé toutes les lignes de tram (qu’on reconstruit aujourd’hui) pour laisser la place aux voitures, politique qui a duré jusque dans les années 70-80. Enfin, un autre grand problème, c’est la manque d’espace sur la canton. Autant du point de vue du logement que de l’aménagement, le manque d’espace est criant.
10. Votre portrais chinois Eric + Fred
Si j’étais un métal :
Eric : le bois. Ce n’est pas un métal, mais c’est naturel et ça tient chaud quand on le brûle.
Fred : l’acier inoxydable, parce qu’il traverse les épreuves
Si j’étais un animal :
Fred : un loup, parce qu’il peut être seul mais aime bien la meute aussi, ne se laisse pas faire.
Eric : l’ours polaire, mon animal totem, c’est mignon comme animal, puissant et féroce tout en étant doux.
Si j’étais une saison :
Eric : le printemps, explosion de naissance (ce qui va être le cas pour Eric qui attend son premier enfant ces prochains jours)
Fred : l’été, pour sa plénitude, son soleil. Je suis Valaisan, et l’été, comme à Genève, c’est le moment où il y a quand même un peu de soleil.
Si j’étais un élément :
Fred : le feu, je suis un vrai radiateur, et je brûle la chandelle par les deux bouts.
Fred : l’air, pour la capacité d’être partout et nulle part, d’être tout le temps là, de voyager partout.
Si j’étais une couleur :
Eric : orange, chaud, lumineux, rassurant
Fred : arc-en-ciel, comme ça je n’ai pas besoin de choisir.
Si j’étais une créature mythologique :
Eric : une licorne, pour sa corne phallique sur le front, et c’est mignon comme animal. Les créatures mythologiques sont immondes, monstrueuses, tandis que la licorne est jolie.
Fred : Le Léviathan, qui fait bouger l’ordre du monde.
Merci à Eric & Fred d’avoir bien voulu répondre à nos questions, et rendez-vous à l’Autre Salon 2011 à Genève. Le site officiel de l’Autre Salon est ici.
Interview de Nicolas & Virginie Guignard, directeur & responsable presse du Festival du Film Vert
Ce samedi 19.2, une partie de l’équipe d’Ec(h)o Mag est allée au Festival du Film Vert à Nyon pour y voir plusieurs films, et assister à la remise du Tournesol 2011 du documentaire vert. Choisi par 4 jurés experts en la matière, sur 5 films nominés, c’est l’excellent film d’Yves Billy, Mr Carbone, qui remporte la palme cette année.
Le directeur du festival, Nicolas Guignard, et son épouse Virginie, ont répondu à nos questions. Merci à Caroline Guignard pour les photos.
1. Bonjour Nicolas et Virginie, le FFV en est à sa 6e édition en 2011, comment vous est venue l’idée du Festival ?
Nicolas : j’ai commencé comme éditeur de DVD. La boîte a été ensuite rachetée, mais cela m’a déjà permis d’être en contact avec le monde du cinéma. Je suis également très impliqué dans le parti des Verts à Orbe puisque je suis le président de la section qui couvre Orbe et Yverdon. Le festival est donc parti logiquement à la croisée entre ces deux occupations.
2. Comment s’est passée la 1ère édition ?
Nicolas : la première édition de 2006 s’est uniquement passée à Orbe. Il y eu énormément de monde, ce qui nous a motivé à continuer. Les gens sont venus de loin pour le festival, ce qui nous a également donné envie d’ouvrir le festival ailleurs, pour dire aux gens : « allez plutôt près de chez vous, vous n’allez pas venir à un festival vert en voiture ».
3. Cette année, vous présentez près de 30 films en tout sur les différents sites. Comment se passe la sélection des films ?
Virginie : quand nous entendons parler de films, nous essayons alors de les obtenir pour le festival. Mais de plus en plus, avec la renommée du festival de plus en plus importante, ce sont les producteurs eux-mêmes qui nous les envoient. Ensuite, nous réunissons une assemblée générale des responsables de tous les sites, lors de laquelle nous procédons à une sélection définitive du catalogue de films pour l’édition. Cette année par exemple, nous avons eu 60 films et n’en avons gardé que 30. Le choix n’est pas toujours facile.
Cela peut même être parfois le parcours du combattant pour retrouver l’équipe du film pour les contacter. Cette année, 3 films n’ont pas pu être montrés parce que nous n’avons pas retrouvé les réalisateurs ou producteurs.
4. De plus en plus de villes rejoignent le panel de sites du Festival. C’est le cas notamment de Bienne et La Neuveville pour 2011. Comment est-ce qu’une ville ou un village peut le faire ?
Virginie : une ville ou un village peut se proposer par elle-même. Par contre, le festival est un festival de proximité. Il est important que chaque site draine un bassin de population à soi et n’empiète pas sur d’autres ; qu’un site ne soit pas trop proche d’un autre pour que ça ne fasse trop d’ombre.
Nicolas : l’idée d’être excentré est sympa, puisqu’il est plus intéressant d’organiser le festival dans une petite ville. Dans les grandes villes par exemple, il y a toujours énormément d’activités culturelles, ce qui noie un peu le festival, tandis que dans de plus petites villes, le festival est l’évènement majeur du mois de février, ce qui attire beaucoup plus de gens.
Virginie : ce qui est important pour nous, c’est que la distance pour se rendre à un site du festival soit la plus courte possible, nous ne voulons pas centraliser le festival sur une seule ville, ce qui pousserait les gens à venir en voiture pour venir de l’autre bout du canton ou de la Suisse Romande, démarche incohérente pour nous. Ce phénomène de proximité est important. Sur notre site internet, nous proposons même un lien avec une association de promotion du covoiturage pour le festival.
5. Comme pour Ec(h)o Mag, il est très difficile d’avoir une politique de sponsoring cohérente. Comment choisissez-vous vos sponsors ?
Virginie : depuis deux ans, nous avons un comité d’éthique indépendant dans lequel nous ne siégeons pas. Nous leur proposons des sponsors, et c’est ce comité qui valide les choix. Nous essayons vraiment d’avoir une politique de sponsoring cohérente avec le festival.
6. Comment parvenez-vous à coordonner tout le Festival qui se déroule dans 17 différents sites dans toute la Suisse Romande ?
Virginie : en fait, chaque site est autonome. Chacun choisit ses sponsors locaux, gère son organisation, son budget. Nous gérons la billetterie, la sélection des films, les grandes lignes directrices.
Nicolas : toute l’organisation se fait à deux étages. Il y a un comité central, mais ensuite, chaque site choisit sa programmation parmi les nouveaux films proposés voire même ceux de l’année précédente.
7. Quelle fut votre plus grande joie liée au Festival ?
Nicolas : pour moi, c’était Orbe en 2010. Le festival ne proposait pas uniquement des films, mais également des stands et lieux d’échanges. Des associations étaient présentes, et de nombreux réalisateurs avaient fait le déplacement. Ce qui fait également plaisir aujourd’hui, c’est que des producteurs nous envoient directement leur film puisque le festival commence à être bien connu.
8. Pourquoi un prix Tournesol au meilleur film ?
Nicolas : nous voulions un prix pour que le festival en soit vraiment un. Chaque année, il y a un prix Tournesol décerné par les Verts français au festival de BD à Angoulême. J’y ai été membre du jury, et c’est pourquoi nous avons repris le concept et même le nom pour le FFV, comme une étiquette. Le prix a pour but d’apporter une grande visibilité au film primé.
9. Des projets ou envies pour la 7e édition de 2012 ?
Virginie : nous aimerions bien organiser des séances scolaires. Il faudrait que quelqu’un à part s’en occupe spécialement. Le but du festival c’est que les films soit vus, donc si des classes puissent le faire ça serait génial.
Nicolas : nous aimerions bien toucher le Jura Neuchâtelois, Le Locle ou La Chaux-de-Fonds. Château d’Oex sera pour sûr un nouveau site pour 2012. Nous réfléchissons encore pour d’autres villes, tout en évitant bien sûr d’empiéter sur des sites déjà existants.
Il y a actuellement le Tournesol & le prix Greenpeace, et nous réfléchissons pour mettre en place un 3e prix.
10. Votre portrais chinois Nicolas (son épouse Virginie lui souffle souvent les réponses à l’oreille)
Si j’étais un métal : le fer, dur, pas rare ni précieux.
Si j’étais un animal : l’aigle, qui aime prendre du recul et observer.
Si j’étais une saison : l’hiver, j’adore le froid et la neige.
Si j’étais un élément : l’air
Si j’étais une couleur : vert, même si c’est une réponse facile (rires)
Si j’étais une créature mythologique : le dragon, c’est mon année chinoise.
Merci à Virginie & Nicolas d’avoir bien voulu répondre à nos questions, et toute la rédaction d’Ec(h)o Mag vous souhaite un beau succès pour cette 6e édition du festival. Et merci encore à Caroline Guignard pour les excellentes photos.
Le FFV s’achève le 28 février, et le film primé, Mr Carbone, peut être encore vu dans de nombreuses villes. Le programme se trouve sur le site officiel du festival ici.
Que penser des vélos électriques ?
En Suisse, les ventes de vélos électriques ont fortement augmenté ces dernières années (multiplication par 4 entre 2007 et 2009). Il faut dire que ce mode transport semble présenter de nombreux avantages (flexibilité et confort d’utilisation, subvention à l’achat…). Mais qu’en est-il dans la réalité ? Corinne, qui utilise le vélo électrique au quotidien pour ses déplacements, nous fait part de son retour d’expérience et nous donne aussi ses bons conseils pour profiter pleinement de ce mode de transport.
Depuis quand possèdes-tu un vélo électrique ?
Je possède un vélo électrique depuis l’été 2009.
Pourrais-tu nous préciser le modèle que tu as acheté ? As-tu pris un vélo spécifiquement adapté aux femmes ?
J’ai opté pour le Flyer Urban S qui existe en modèle femme et en modèle conventionnel (avec la barre du cadre au milieu). Personnellement, j’ai choisi le modèle conventionnel que je trouve parfaitement adapté aux femmes.
Quelle est l’autonomie des batteries de ton vélo électrique ?
En moyenne, l’autonomie des batteries de mon vélo est de 40 km. Mais celle-ci peut fortement varier en fonction de la température ou du trajet (présence de montées…). En fait, l’autonomie diminue quand il fait froid.
Afin de pallier à ce phénomène, je conseille simplement de rentrer le vélo ou la batterie quand les températures sont trop basses. De plus, j’ai beaucoup de montées sur mon trajet et j’ai remarqué que ce paramètre réduit considérablement les 40 km d’autonomie promis par le fabricant. Ceci étant dit, cela ne pose pas vraiment de problème car la batterie étant amovible, je la recharge très facilement à mon domicile.
Est-ce que tu trouves que les vélos électriques sont lourds ? Si c’est le cas, est-ce que le poids du vélo est handicapant quand tu roules ou est-il compensé par le moteur électrique ?
Mon vélo électrique est effectivement lourd, mais au quotidien cela ne me dérange pas du tout car grâce au moteur ce poids passe inaperçu. D’ailleurs, je transporte très souvent des charges relativement importantes avec mon vélo (courses…) et je ne ressens physiquement pas la différence mais cela diminue par contre l’autonomie de la batterie.
As-tu bénéficié d’une subvention pour l’achat de ton vélo électrique ?
Oui, de ma commune… Merci à elle ![]()
Pour quels déplacements utilises-tu ton vélo électrique ?
C’est mon mode de transport privilégié ! Je l’utilise quasiment pour tous mes déplacements, c’est à dire pour aller au travail, pour aller faire les courses ou encore pour sortir le soir, …
Si tu as des choses à transporter, comment procèdes-tu ?
J’utilise des paniers à vélo qui sont très pratiques ou encore d’une manière moins fréquente un chariot tractable (pour aller faire les courses, pour aller au recyclage ou encore pour amener du matériel au travail ou en ville).
Est-ce que ces chariots sont faciles à trouver et est-ce qu’ils sont simples à installer ?
On trouve ces chariots dans les magasins qui commercialisent des vélos. Ils sont très simples à accrocher (moins de 30 secondes). Par contre, il faut penser à acheter un cadenas en même temps que la remorque pour éviter de se la faire voler.
La remorque
Pourrais-tu nous donner quelques bonnes adresses de shop où il est possible d’acheter des vélos électriques et des accessoires sur Genève ?
Il y a Véloplus sur internet, Autoénergie à la route de Peney (vélo électrique Flyer), Hot Point aux Pâquis, les Stromer à la rue des Bains (les plus beaux et les plus rapides vélos électriques à mon goût sur le marché, mais avec les délais de livraison les plus longs).
Un grand merci à Corinne pour sa gentillesse et pour le temps qu’elle nous a consacré. Un grand merci également à Gus d’Ec(h)o Mag pour sa disponibilité et la mise en relation.
Shi-Zen nous souhaite un joyeux anniversaire
Sur la création d’Ec(h)o Mag, avec des mots dedans. Quand Shi-Zen nous souhaite un joyeux anniversaire. C’est touchant ! Merci les filles.
Interview avec Barbara Steudler, principale organisatrice des Ethical Fashion Days
1. Bonjour Barbara, que portez-vous aujourd’hui pour l’ouverture des Ethical Fashion Days (EFD) ?
Une robe bleue : les Fées de Bengale, des bottes grises : cuir bio, Fées de Bengale également, et un châle gris de chez Ekyog. Le châle peut être « transformé » en robe ultra-sexy au dos nu, donc double utilisation. Concept.
2. La plupart du temps, on pense qu’éthique et écologique riment avec cher. Est-ce le cas avec la mode ?
Non, pas forcément. Ekyog en est le bon exemple puisque leurs habits ne sont pas chers. Evidemment, tout dépend du produit, un vêtement cher le sera forcément, éthique ou pas. Puisque le marketing peut représenter entre 60 et 70% du prix, on peut sans problème faire baisser les prix. Je discute souvent avec Robin (Cornelius, fondateur de la marque éthique Switcher) qui m’explique que la différence entre un t-shirt au coton bio fabriqué en commerce équitable et un autre t-shirt n’est que de 5CHF. La différence est minuscule.
La mode éthique souffre d’une image soit très laide soit très chère, alors que ce n’est absolument pas le cas aujourd’hui.
3. A l’aube du 21e siècle, comment est-ce que nos habitudes du siècle précédent peuvent changer ?
« Peuvent » changer en effet, pas « doivent » changer. Il faut donner envie de changer, de goûter au qualitatif et pas au quantitatif. Une société basée uniquement sur le quantitatif est triste. Ce qui change aujourd’hui ce sont les liens qui se tissent et qui changent la façon dont se structure la société. L’humain est au cœur de toute action éthique et écologique.
De plus, notre société n’est pas une société matérialiste. On dit tout le temps que notre société est matérialiste, mais elle ne l’est pas du tout en réalité. Personne n’est capable de dire d’où proviennent nos objets, comment ils sont fabriqués, d’où viennent les matières, nous n’en savons rien. Nous sommes une société qui repose sur l’image, dans la projection de soi par la matière. J’aimerais que l’on devienne une vraie société matérialiste, que l’on prenne enfin compte de l’origine des objets, cela changerait entièrement notre relation à la matière.
L’un des gros soucis actuel s’exprime dans une question : « Comment garder le désir des objets ? » En effet, le désir se lasse des objets. Notre économie considère aujourd’hui que la matière ne vaut rien, et qu’un produit ne doit durer que six mois pour que le consommateur doive à nouveau le racheter et ainsi consommer. Nous devons opérer un changement des mentalités pour que le qualitatif prenne le pas sur le quantitatif. C’est la notion d’intemporalité, que les objets, la matière, reste longtemps attrayante et que l’on considère la matière comme rare.
4. Où trouver la plupart des produits présentés aux EFD ?
Dans le guide du shopping éthique (rires), justement publié par Nice Future .
5. Nice Future est une association très active et engagée en Suisse. Quels sont vos prochains projets ?
Un festival de la terre en juin 2011, un projet qui nous tient énormément à cœur, mais un festival de la terre plus festif.
En marge du festival, pendant la semaine, nous allons réaliser un G21 (clin d’œil au G20), un « sommet » d’entreprises pas (encore) éthiques pour leur donner la possibilité de le devenir, avec conférences et ateliers. Les EFD vont ensuite essayer de se diversifier en traitant de design, mais également en s’intéressant aux vêtements qui soignent, par leur sens, leurs couleurs, leur symbolique.
Nous allons également développer des liens Nord-Sud, des échanges, pour que le Nord ne fasse pas qu’exploiter le Sud mais qu’il y a ait un réel échange, et pas seulement de matière mais également de compétences.
Enfin, en février 2012, nous pensons organiser un salon de l’intemporalité, qui impliquera l’industrie du luxe, telle que l’horlogerie par exemple. Cette industrie est prévue pour durer des générations, ce qui pourra beaucoup apporter à notre économie de fonctionnalité qui repose sur le court terme. La clef est le désir, l’envie de garder pour éviter la lassitude.
6. Votre portrait chinois:
• Si j’étais un métal ? Je serais de l’or, parce que il me rappelle le soleil, mais de l’or propre, dont uniquement 30kg sont extraits chaque année.
• Si j’étais un animal ? Je serais un être humain. L’être humain est un animal intéressant, génial, doué de pensée, d’imagination.
• Si j’étais une saison ? Je serais le printemps, car toute la tension, la force y est présente. Tout est là, contenu, prêt à éclore.
• Si j’étais un élément ? J’hésite entre le feu et l’eau. Le feu est créatif, contemplatif, réchauffant. L’eau apporte transformation, mémoire.
• Si j’étais une couleur ? Je serais le fuchsia, couleur synonyme d’amour, chaude, féminine, qui nourrit, enveloppe.
• Si j’étais une créature mythologique ? Je serais le phénix, créature magique de renaissance.
Merci à vous Barbara pour cette interview extrêmement intéressante et cette belle rencontre.
Nous vous souhaitons beaucoup de succès pour la suite des EFD.
Les Ethical Fashion Days ont lieu de vendredi à dimanche 1-3 octobre 2010 à la salle communale de Plainpalais à Genève, rue de Carouge.
Le lien avec le site de NiceFuture, incitateur de bien-être
Le lien avec le site des Ethical Fashion Days
Le lien avec les boutiques Ekyog















